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b) Eglab Lunquel (environ 9°47W-26°30N). Cette région s'étend au sud de la tête de l'oued Erni qui évacue les eaux d'Est en Ouest en direction du Saguia el Hamra. Elle correspond à la séparation du drainage vers le Nord (bassin du Saguia el Hamra), du drainage vers le Sud (oued Tisguinin et oued Ben Tili), et du drainage vers l'Est (oued um Chamel Hamra). Des buttes témoins, de profil trapézoïdal, hautes de 20m environ s'élèvent au-dessus de la surface aplanie constituée par un granite de type Aïn Ben Tili. Au pied des buttes s'étalent des éboulis schisteux de ton bleuté qui masquent le contact entre le socle granitique et les premières formations sédimentaires dont la nature n'est pas observables. L'hypothèque d'une présence possible de quelques mètres de grès du groupe de Garat el Hamoueid n'a pas pu être levée. Néanmoions, si ceux-ci sont présents, leur épaisseur doit être des plus faible car ils ne s'expriment pas dans la morphologie des buttes. Aussi l'hypothèse la plus vraisemblable est qu'ils ne sont pas présents, que le Silurien repose directement sur le socle comme dans la pointe nord de la Mauritanie au Sud de Tindouf, contrairement à la représentation des cartes qui figurent de l'Ordovicien supérieur du Zemmour au Yetti. La coupe de la butte témoin observée s'établit comme suit de haut en bas : - 4 à 5m de calcaires bleu-noir en bancs décimétriques à orthocères et à Cardiola interrupta; - 3 à 4m de schistes contenant un niveau calcaro-dolomitique de ton ocre avec des passées gypseuses ; - 2m d'intercalations de schistes et de bancs calcaires à lamines et graptolites; - 15 à 18m de schistes se débitant en paillettes centimétriques bleues. Cette succession est comparable à celle décrite par Sougy (1975) dans le Zemmour noir. Mais les éboulis n'ont pas permis de recueillir de fossiles de la base. Néanmoins la présence de graptolites du genre Monograptus au sommet de la séquence schisteuse confirme l'appartenance au Silurien. L'analogie des faciès avec le Zemmour conduit à la considérer comme étant du Llandovery moyen. La séquence shisteuse noire, carbonée indique des conditions de dépôt argileux en milieu réducteur rapportées généralement à une stratification des eaux. Néanmoins, l'apparition, à son sommet, de bancs calcaires à lamines dénotent que les conditions d'apport sédimentaire du bassin étaient devenues progressivement chimiques. La séquence suivante, à nouveau détritique fine mais peu épaisse, paraît correspondre à une phase de diminution d'épaisseur de la tranche d'eau avec précipitation de la dolomie et des gypses. Ce niveau est également décrit dans le Zemmour noir (Sougy,1975) où il est rangé à la base du Wenlock. La séquence des calcaires au ton bleu noir du sommet de la butte est riche en Orthocères et livré des fragments de Cardiola interrupta ainsi que des graptolites pétaloïdes. La faune semble bien correspondre à celle décrite dans le Zemmour noir. Par analogie, ce niveau calcaire, dont le développement vers le haut n'est pas connu, peut se ranger dans le Wenlock ou le Ludlow inférieur. Le faciès est toujours carboné. Après l'épisode évaporitique, l'environnement était redevenu anoxique, bien que la sédimentation était carbonatée. En conclusion l'ensemble des formations de cette bute de l'Eglab Lunquel appartient au Silurien qui est trasnsgressif sur le socle granitique. Reste à savoir si la base immédiate du Silurien est représentée. c) Evolution paléogéographique de la bordure sud du Bassin de Tindouf le long du Zemmour blanc au cours du Paléozoïque inférieur. Par rapport aux cartes citées en références, ce n'est qu'à l'Ordovicien terminal que la dorsale Réguibat est transgressé au niveau du Khreiz Lemgassem (environ 10°44W - 26°19N). Cette transgression sera débordée vers l'Est par celle du Silurien entre le Khreiz Lemgassem et l'Eglab Lunquel. Plus vers l'Est, tout le long de la bordure du Zemmour blanc, il semble bien que la formation des schistes noirs de la base de la butte témoin de Lunquel soit la première du Bassin de Tindouf. En effet, le contact entre le bassin de Tindouf et le batholithe granitique se fait par glacis, en passant des schistes noirs au granite, sans cuesta ni dépression périphérique contrairement au Bassin de Taoudeni, Au nord du Yetti, les deux formations banales du flanc sud du Bassin de Tindouf : Quartizites de Djebilet à la base et Grès d'Aïounet Legraa au sommet décrites par Gevin (1960) sont parallélélisées avec l'Ordovicien du Zemmour noir (Mestraud, 1975). Dans cette région la transgression aurait été plus précoce que le long du Zemmour blanc. Si tel est le cas, le Zemmour blanc, aurait constitué une zone émergée du Cambrien à l'Ordovicien final alors que le Zemmour noir au-delà de sa bordure orientale et le Bassin de Taoudenni étaient immergés dès le Cambrien et pendant l'Ordovicien . La présence de la tillite cambrienne dans le Bassin de Taoudeni et de la tillite ordovicienne dans ce même bassin et dans celui de Tindouf conduit à envisager que le Zemmour blanc ait pu être couvert par une calotte glaciaire lors de ces deux phases froides séparées par plus de 100 millions d'années. Selon cette hypothèse, en plus des phénomènes tectonoeustatiques (varation du volume des dorsales océaniques, distension des continents qui régissent les transgressions et les régressions, l'interférence entre les réajustements isostatiques des aires englacées consécutifs à la fonte des calottes glaciaires et les transgressions glacioeustatiques peut être envisagée pour rendre compte des détails de la transgression du Paléozoïque inférieur sur le Zemmour blanc. |
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Collectif d'initiatives
pour la connaissance du Sahara Occidental - décembre 1998 ![]()
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