Du 21 mars au 31 mars 1995, Théodore Monod a mené sa première mission en territoire sahraoui.

Curiosité scientifique, mais aussi volonté de témoigner du droit du peuple sahraoui de disposer de sa terre.

" Il faut des années, mademoiselle, pour identifier les variétés d'une collecte de plantes ! ". Dans son bureau du troisième étage du Muséum, à deux pas du Jardin des Plantes, Théodore Monod a toute la patience du monde. Le téléphone sonne régulièrement : il répond lui-même aux multiples sollicitateurs. Les bocaux de formol d'où molissent quelque animal jettent d'étranges lueurs dans la pièce. Les murs ont disparu derrière les livres. Les pierres, déposées ici et là, dans un apparent désordre, apportent au lieu une touche de chambre d'étudiant attardé. Le professeur va chercher sous la table une roche d'un beau vert amande : " j'ai trouvé cette amazonite dans le désert de Lybie, à…en. Je me souviens de l'endroit, c'était…"
Voilà Théodore Monod en train de décrire, avec une précision effrayante, les caractéristiques géographiques, géologiques, botaniques de l'emplacement de ce qui était pour le néophyte, un gros caillou un peu terne. Cette capacité du souvenir est devenue aujourd'hui l'un des moteurs des expéditions du professeur Monod.
Demain, il ira régler son compte à la Munadiella Flexuosa (une plante) du Tibesti, trouvée en 1940. Hier, c'était la Lynochnida Tanganicae (une méduse) de Mauritanie.
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