Pendant l'été 1996, je recevais un important dossier de photographies de gravures dans le style dit de « Tazina » - un style bien connu dans le sud marocain, foyer possible d'une paléoculture néolithique, connu également dans l'Atlas d'Algérie et jusqu'aux confins nigéro-tchadiens. Ce dossier m'était adressé par un responsable de l'Unité Militaire de la MINURSO qui, avec sa patrouille était « tombé » fortuitement sur cet ensemble de gravures, par 26°48'847N et 08°50'928 Ouest

A défaut de traces écrites dans la littérature scientifique qui m'étaient accessibles, j'ai publié une courte note dans la Lettre internationale d'informations sur l'Art Rupestre (INORA), éditée par Jean Clottes, dans la rubrique « Découverte » (Soleilhavoup 1997) Quelques mois après, j'apprenais par l'Association des Amis de la RASD que, sous la conduite du Front Polisario et sous l'autorité scientifique de Monsieur le Professeur Théodore Monod, une équipe a stationné peu de temps sur ce même gisement, en mars 1995. Des images vidéo avaient été prises par François Dubreuil de la société Vidéogram (Le Mans, France) qui participait à la mission.

Quelques semaines après la publication de ma note, je recevais d'un groupe d'universitaires espagnols de Girona, une carte postale éditée par l'Université de Girona et par le Musée National du Peuple Sahraoui qui montre un détail des gravures de ce gisement et signée par cinq chercheurs qui ont « découvert » ces gravurres, probablement en 1995. Cette équipe a donné le nom de « Sluguilla » (le petit Slougi, race de lévrier du Maghreb) à ce site. Tout récemment, en mai 1997, lors de la réunion annuelle de l'Association des Amis de l'Art Rupestre Saharien, en France, j'apprenais que ce gisement , - toujours le même ! ' avait été « découvert », relevé et partiellement publié par Mark Milburn, en 1973, quelques 22 ans auparavant ! L'auteur l'appelle « Ras Lentareg ».

Il est plus que probable que les populations locales sur la Hamada de Tindouf connaissent l'existence de ce gisement rupestre depuis plus longtemps encore. Un Anglais, des Espagnoles, des Français ont cru découvrir un site d'art rupestre.

L'extrême éparpillement international des données de terrain et des écrits, parfois dans des publications très confidentielles, explique ces impressions, ces convictions, d'être l'inventeur d'un nouveau gisement. Ceci nous amène à réfléchir sur la coopération scientifique internationale en manière d'exploration et d'étude de zone d'art rupestre, au Sahara Occidental, comme ailleurs dans le monde.

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Collectif d'initiatives pour la connaissance du Sahara Occidental - décembre 1998 icontactez nous !un peu d'aide !l'équipe !