| Le "Trab El Beidan" au début du 20e siècle | ||
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Les RGAYBAT "
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La
diversité de ses régions et leur peuplement
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Vivant sur une terre désertique en majeure partie impropre à l'agriculture, les Maures forment, au début du XXe siècle, une communauté de pasteurs nomades. Chameliers et/ou moutonniers pour la plupart, éleveurs de bœufs pour les plus méridionaux, ils vivent tous sous la tente, à l'exception de quelques sédentaires occupant les villes-marchés qui jalonnent les pistes du commerce transsaharien. Dans les palmeraies, également, vivent en permanence des affranchis ou des familles Baydän dépendantes qui s'occupent de la culture sous palmiers et de l'entretien des dattiers. Les nomades affluent dans ces centres agricoles (Adrär essentiellement) au moment de la récolte des dattes (gatna). Très grossièrement, nous pouvons partager le pays maure de l'époque en quatre zones géographico-économiques : |
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Le Sud du träb al-Baydän reçoit entre 200 mm et 150 mm d'eau par an. On y élève le bœuf et le mouton ; le processus de nomadisation des éleveurs est régulier et leurs déplacements ont peu d'amplitude : les pasteurs se dirigent vers le sud pour aller à la rencontre de la pluie au début de l'hivernage, et rejoignent ensuite leurs terrains de parcours septentrionaux en suivant les tornades (de juillet à septembre).Dès que les mares s'assèchent en octobre novembre, ils retournent à leurs emplacements d'été. Cette partie du pays maure est divisée en cinq régions, d'ouest en est : le Trärza, le Brakna, le Tagänt, l'Asäba et le Hawz méridional. C'est le sahel mauritanien qui est en cours de désertification. |
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| Au Nord de cet ensemble, les environs de Nouadhibou, l'Adrär, le nord du Tagänt et le Hawz septentrional reçoivent en moyenne 100 mm de pluie par an. Les troupeaux de moutons et de chameaux sont moins importants que dans le Sud, et l'amplitude des déplacements est légèrement plus grande. Les transhumances se font périodiquement dans le même sens et aux mêmes saisons : les pasteurs vont vers le sud, à la rencontre des tornades, et remontent ensuite vers le nord en suivant la pluie. | ||
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La troisième région du pays maure concerne directement notre sujet. Elle comprend la zone qui reçoit moins de 50 mm d'eau par an : c'est le désert proprement dit ; "là où il n'y a plus personne" comme disent les Maures du Sud. C'est le domaine des chameliers : le Tiris, les regs du Galamän et du Yatti, la bordure des grands massifs dunaires (Maqtayr, Sas, Igïdi), la falaise du Hank et l'extrémité de la hamada du Dara aux environs de Tindüf. C'est le pays des "grands" nomades, c'est-à-dire des chameliers dont les transhumances annuelles peuvent atteindre un millier de kilomètres. Les cycles pastoraux sont apériodiques et totalement imprévisibles d'une année sur l'autre, c'est pourquoi les Rgaybät se nomment eux-mêmes "Fils des nuages" (awläd an-naw). |
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| La quatrième zone géographique du träb al-Baydän s'étend, vers le nord, jusqu'au wäd dara qui marque la bordure septentrionale du désert. Il s'agit du Aammür et de la vallée de la Sägya al-Hamrä qui reçoivent environ 100 mm d'eau par an. Le régime des pluies y est un peu différent. | ||
| L'identité culturelle maure | ||
| Les Maures se partagent en différents groupements, qabä'il, au singulier, qabïla, terme arabe communément traduit par "tribu" car il représente un ensemble de familles apparentées, issues d'un ancêtre commun, généralement éponyme, et qui entretiennent entre elles des relations de défense et de coresponsabilité. Elles occupent de surcroît, collectivement, un territoire déterminé. La parenté agnatique déclarée des différentes familles, qu'il s'agisse de familles nucléaires ou de familles élargies, est d'abord un système idéologique. Les pratiques d'adoption ou d'intégration au groupe des agnats sont très répandues. L'alliance matrimoniale, qui sert souvent à entériner ces processus, fait que, s'ils sont parents au sens de la parenté biologique ou cognative, les Rgaybät, par exemple, ne descendent pas tout en ligne masculine de l'ancêtre éponyme, en l'occurrence, Sid Ahmad ar-Rgaybï. Les beaux-frères et les oncles maternels(réels et classificatoires) sont plus nombreux que les frères et les oncles paternels (réels et classificatoires). | ||
| Une qabïla est un ensemble de familles unies par des intérêts économiques, juridiques et politiques autour d'un noyau de parents agnatiques issus d'un ancêtre éponyme). | ||
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Les qabä'il maures constituent une population qui a acquis au cours des siècles son homogénéité : à une communauté de langue est liée une communauté de mode de vie et de pensée, un système de valeurs auquel toutes les catégories sociales se réfèrent. Entre tous les Maures, au-delà des oppositions et des conflits, règne un consensus social et la conscience d'une identité culturelle. |
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Collectif d'initiatives
pour la connaissance du Sahara Occidental - octobre 1999 ![]()
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