| L'opération Ouragan | |||
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Pour le gouvernement espagnol, l'idée d'une opération militaire menée de concert avec l'armée française était de plus en plus tenante. On sait fort peu de chose des causes de ces défections. Il est possible que la conduite occidentale des jeunes révolutionnaires marocains se trouvant à la tête de l'Armée de libération ait déplu aux nomades austères et traditionnalistes. Peut-être aussi certains guérilleros Sahraouis avaient-ils de la rancoeur contre ces Marocains - d'ailleurs presque tous des Berbères - qui les avaient exclus de la direction du mouvement. En outre, un ordre de repliement vers le nord du désert, donné au cours de l'hiver 1957-58 avait éveillé les soupçons des Sahraouis qui pensaient que Benhamou Mesfioui et d'autres leaders les manipulaient pour se servir d'eux ultérieurement. Pourquoi, lorsque les Espagnols se replièrent vers la côte, demanda-t-on aux groupes de guérilleros de se rassembler au nord du Draa ? Etait-ce parce que les chefs marocains du mouvement avaient l'intention d'utiliser les Sahraouis pour stopper l'avance des F.A.R. dans le Sud marocain ? |
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| Le 10 février, tandis que les unités motorisées commandées par le général Héctor Vàzquez quittaient El-Aïoun et Tarfaya, les troupes françaises partaient de Tindouf et du nord de la Mauritanie, franchissaient la frontière et marchaient vers la Seguiet el-Hamra. Des parachutistes espagnols furent largués au-dessus de Smara. Le 20 février, la première phase de l'opération avait été accomplie avec succès. Bien que des tempêtes de sable eussent permis à de nombreux rebelles de fuir, sans être repérés, vers le nord pour rejoindre les bases de l'Armée de libération de la vallée du Draa, les forces armées espagnoles avaient réoccupé plusieurs point-clefs à l'intérieur du territoire, ce qui avait considérablement sapé le moral des rebelles. Entre le 20 et le 24 février, les troupes françaises et espagnoles avancèrent dans le Rio de Oro et reprirent Bir Enzaren, Aoussert, Agracha et d'autres postes qui avaient été abandonnés. Pendant toute l'opération, 8 soldats espagnols et 7 soldats français seulement furent tués. | |||
| La majeure partie des Sahraouis qui avaient combattu pour l'Armée de libération et étaient maintenant soumis au gouvernement marocain étaient dans un dénuement complet. Mis à part quelques Tekna, ces hommes étaient en réalité des réfugiés des zones encore contrôlées par l'Espagne et la France. Nombre d'entre eux avaient perdu tout ou partie de leurs troupeaux, et une terrible sécheresse qui débuta en 1959 vint encore aggraver leur situation. Ils ne survivaient, pour la plupart, que grâce à l'aide que leur apportaient les autorités marocaines. Bien entendu, nombre de ces hommes étaient bien contents qu'on leur offre l'occasion de s'enrôler dans l'armée régulière marocaine : vers la fin de l'année 1959, ils étaient plusieurs milliers à s'être engagés. Plus au nord, les derniers groupes de résistants marocains furent progressivement désarmés et dispersés. On les encouragea à coopérer avec le gouvernement par diverses tactiques de la carotte et du bâton s'échelonnant de l'offre d'emplois dans la police, l'armée ou l'administration et la promesse de terres ayant appartenu à des colons, à l'emprisonnement et la torture pour les plus récalcitrants. | |||
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Les autorités espagnoles du Sahara occidental n'avaient plus rien à craindre de l'Armée de libération après l'opération Ouragan et l'entrée des F.A.R. dans l'extrême sud du Maroc. Les attaques avaient cessé et, le 7 mai 1959, 40 Espagnols capturés par l'Armée de libération à Ifni et au Sahara occidental en 1957-58 furent libérés lors d'une cérémonie au palais royal de Rabat. Il n'y eut qu'un incident isolé, deux ans plus tard, le 1l mars 1961, lorsqu'un groupe armé kidnappa onze personnes - de nationalité américaine, française, canadienne et espagnole - qui faisaient partie d'un groupe de prospecteurs de pétrole travaillant pour l'Union Oil et la Compañia Ibérico de Petroleos près de la frontière marocaine. Mais ils tombèrent très vite aux mains des F.A.R. et furent libérés dix jours après leur enlèvement. Les attaques de la guérilla ne reprirent que douze ans plus tard, en 1973, après la fondation du Front Polisario. |
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Collectif d'initiatives
pour la connaissance du Sahara Occidental - octobre 1999 ![]()
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