L'accord de Madrid
 
Les volontaires de la Marche verte reçurent finalement l'ordre de quitter Tarfaya pour rentrer chez eux le 18 novembre, et le projet de loi sur la "décolonisation" fut approuvé aux Cortès le même jour. "Nous avons couru un risque énorme, y compris celui d'une guerre ouverte, mais le Sahara ne vaut pas une seule vie espagnole", dit Carro Martinez aux procuradores, au cours du débat. Quatre députés seulement votèrent contre le projet de loi, contre 345 voix pour et quatre abstentions. Les représentants officiels de l'Espagne à l'O.N.U. et à El-Aïoun furent choqués par ce qui leur apparaissait comme une vente au Maroc.
 
Le général Gomez de Salazar qui plus tard, en 1978, se plaignit de ne pas avoir été consulté avant la signature des accords, savait que " le désir d'indépendance du peuple sahraoui était unanime " et était persuadé que " si nous avions été attaqués par le Maroc nous étions à même d'anéantir l'armée alaouite en 48 h ".
 
Lors de sa conférence de presse du 25 novembre, le roi Hassan annonça que le "dossier" du Sahara était clos, mais il s'était trompé sur deux points importants.
Il avait sous-estimé la détermination des Sahraouis à résister à l'annexion, et ne s'attendait pas à ce que l'Algérie leur apporte tout son soutien dans leurs tentatives pour déjouer ce projet. "Notre peuple, qui fait face actuellement à l'invasion marocaine, considère l'accord conclu à Madrid entre l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie comme nul et non avenu et comme un acte d'agression et de brigandage", déclara El Ouali à Alger, le 15 novembre.
La réaction du gouvernement algérien à l'accord de Madrid, allait dans le même sens. "Le gouvernement algérien ne reconnaît pas aux gouvernements de l'Espagne, du Maroc et de la Mauritanie, le droit de disposer du Territoire du Sahara occidental et des destinées de sa population", affirmait-il dans un mémorandum adressé au secrétaire général de l'O.N.U. le 19 novembre." Il considère donc comme nulle et non avenue la "déclaration de principes" présentée par l'Espagne et n'accorde aucune validité aux dispositions qu'elle renferme".
Au Sahara occidental, les troupes marocaines et mauritaniennes se heurtaient déjà à une résistance farouche du Front Polisario. La tension montait entre le Maroc et l'Algérie, et le roi Hassan dut décliner l'invitation au couronnement du roi Juan Carlos à Madrid le 27 novembre. "Je ne suis pas comme le Christ", déclara le président Boumediène "Je ne tendrai pas la joue pour la seconde giffle. Je riposterai dans la pleine mesure de mes moyens".
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