"Sahara occidental : La confiance perdue "  
 

" La révolution à Saguia El Hamra et Rio de Oro s'est déclenchée parce qu'il existe un peuple. Ce peuple possède son identité nationale, sa propre civilisation, ses propres principes, ses propres valeurs, sa propre organisation.

Ce peuple existe et survivra à la trahison du colonialisme, à l'agression des régimes réactionnaires et à leurs manoeuvres. "

El Ouali Mustapha Sayed, secrétaire général du Front Polisario
 
La guerre
 

La guerre d'indépendance des Sahraouis commence en 1973. Le congrès constitutif du Polisario, début mai 1973, se déroule sous le slogan " c'est par le fusil que nous arracherons la liberté " et c'est la prise du poste de El Khanga, le 20 mai 1973, qui constitue le déclenchement de la lutte armée.

A l'époque, il s'agit de harceler la puissance coloniale et les troupes espagnoles présentes sur le territoire. A partir d'octobre 1975 et le début de l'invasion militaire marocaine, puis mauritanienne en décembre de la même année, la situation change. Aussi le Polisario va-t-il devoir rechercher une aide extérieure, même si ses succès sur le terrain lui permettent déjà de récupérer le matériel pris à l'ennemi.

 
" De 1973 à 1975, le bras armé du Front Polisario - qui deviendra à partir du deuxième Congrès, en août 1974, l'Armée de Libération Populaire Sahraouie, ALPS - est peu et mal équipé, sans grande formation ou instruction militaire, et de ce fait réduit à une guerre de guérillas à petite échelle. Il faudra attendre 1974 pour que le Polisario reçoive le soutien extérieur de la Libye et, fin 1975, de l'Algérie ".

En fait, après la prise de El Khanga, où pas un seul coup de feu n'est tiré, en 1973 il y a seulement trois attaques du Polisario contre les postes espagnols. Deux raisons à cela : d'un côté la très grosse concentration de troupes espagnoles, très bien équipées, disposées pour faire face à toute menace marocaine.

Celles-ci comptent notamment l'aviation et des hélicoptères destinés aux opérations de repérage et de poursuite ; de l'autre, le sous-équipement en armes, munitions et moyens de déplacement du Front ainsi que le nombre encore réduit de combattants en ses rangs. En 1973, le Front limite ses actions de guérilla et privilégie à travers tout le territoire l'action militante.

   

Entre 1974 et 1975, le Front Polisario se constitue en organisation équipée en armes automatiques, avec ses camps d'entraînement, jusque dans la région de Tindouf qui lui sert de bases de repli et d'où partent nombre d'attaques.

Parallèlement, son implantation au Sahara Occidental devient totale. Sa branche militaire a désormais des ramifications dans tout le territoire, notamment parmi les Troupes nomades et la police territoriale.

Les désertions sahraouies des Troupes nomades qui rejoignent le Polisario s'accompagnent de prises d'armes, de munitions et de matériel. Par ailleurs, elles permettent à l'ALPS de bénéficier de la formation et de l'expérience militaire de ces nouvelles recrues.
 
" Les opérations d'attaque, qui plutôt qu'à un affrontement direct visent à éveiller le sentiment national, doivent être envisagées avec soin, en calculant bien le temps d'approche de l'objectif, consister en coups d'éclat effectués de nuit et garantir un repli sans problèmes jusqu'à une position choisie à l'avance où peut être montée une embuscade contre les forces de poursuite. Telle est la tactique suivie pendant l'année 1974 ", indique José Ramon Diego Aguirre, présent à l'époque sur le territoire.
El Ouali, le secrétaire général du Front, qui se rend en Libye en 1973, obtient du président Kadhafi une aide morale et militaire. Les armes arrivent à partir de 1974. Lors de son deuxième congrès, le Polisario " remercie la République arabe libyenne de son soutien à (sa) cause et à sa marche de l'avant "
L'action sur le terrain s'intensifie alors. Les attaques de harcèlement se doublent d'actions de sabotage et de captures de prisonniers. Cette stratégie est destinée à obliger les Espagnols à négocier.
Le Front Polisario entend être reconnu par l'Espagne comme le représentant du peuple du Sahara Occidental et connaître ses intentions sur le devenir du territoire. En juin 1975, ont lieu les premiers contacts entre officiels espagnols et le Front. Le 9 septembre 1975, El Ouali s'entretient avec le ministre des affaires étrangères Pedro Cortina Mauri à Alger et en octobre a lieu un échange de prisonniers.

La démobilisation en octobre 1975 des Sahraouis faisant encore partie des Troupes nomades et de la Police territoriale qui rejoignent le Front Polisario, renforce le noyau de l'ALPS.

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