| Sahara Info | ||||
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numéros
107 - août / octobre 1999
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Sadia
Ayata
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Sahara
Occidental,
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version an 2000 du Timor ? |
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Des milliers de Sahraouis en fuite, l'armée marocaine bombarde les colonnes de femmes et d'enfants, les jeunes Sahraouis sont arrêtés en masse et torturés à Smara, El Ayoun, Dakhla. Les Nations Unies, impuissantes, s'apprêtent à évacuer leur personnel d'El Ayoun. Le référendum d'autodétermination attendu par les Sahraouis depuis 1975 tourne à la débâcle. Les incidents se multiplient à la frontière algérienne. L'armée algérienne s'apprête à mobiliser ses troupes pour venir en renforts au mouvement de libération sahraoui, le Front Polisario. Le cauchemar de Guelta Zemmour se répète. Les chances de paix et de stabilité dans cette région du Maghreb, si proche de l'Europe, s'envolent. Voilà en bref ce que pourrait être les informations en juillet 2000 si la communauté internationale, le Conseil de sécurité, l'Europe, la France et l'Espagne ne prennent au sérieux le conflit su Sahara occidental, s'ils ne retiennent pas les leçons du Timor oriental. Un scénario catastrophe qui pourrait très bien devenir réalité lorsque l'on garde en mémoire les images du Timor oriental, cette ancienne colonie portugaise après le référendum d'autodétermination de septembre 1999. Les Timorais comme les Sahraouis attendaient d'exprimer leur opinion depuis 1975. Le Timor oriental est le reflet du Sahara occidental. Pour cette raison, la diplomatie doit d'ores et déjà prendre les devants afin que le fiasco timorais ne se répète au Maghreb. Le Timor oriental, reflet du Sahara Occidental Sous le joug et les exactions commises par les milices para-militaires et par l'armée indonésiennes, le Congrès national de la résistance nationale timoraise n'a même pas eu besoin de faire campagne. Les Timorais ont massivement voté en faveur de l'indépendance. Ils ignoraient que les garanties onusiennes étaient insuffisantes. Trahis. Ils ont été trahis alors qu'ils avaient accepté les règles et joué le jeu de la transparence. Est-ce pour éviter un tel scénario-catastrophe que la diplomatie des petits pas s'est activement déployée au cours de ses derniers mois entre le Maroc et le Sahara occidental ? En effet, Madeleine Albright était en visite officielle au Maroc le 1er septembre. Elle a rencontré le roi Mohamed VI, le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi et le ministre des affaires étrangères, M. Filali. Le dossier du Sahara était au centre des discussions. Le 6 septembre, c'était au tour du sous-secrétaire d'État américain chargé du Moyen Orient et du Maghreb, M. Martin Indyk d'être en visite à Alger. Soulignant le fait que les États-Unis souhaitent une "amélioration des relations entre l'Algérie, le Maroc et la Tunisie", M. Indyk a plaidé pour le programme de partenariat entre les USA et le Maghreb, le plan Eizenstadt. Ce plan a été lancé parallèlement au renforcement des initiatives américaines visant l'application des résolutions de la communauté internationale dans la question du Sahara Occidental. Ce plan prévoit l'investissement de 2 milliards de dollars dont les trois quart en Algérie. Diplomatie : les États-Unis en pointe Alors qu'à El Ayoun occupée, une quarantaine d'étudiants manifestaient le 10 septembre et organisaient un sit-in devant l'administration régionale Laayoune-Boujdour, le 11 septembre, une délégation diplomatique britannique terminait une visite dans les campements de réfugiés sahraouis et dans les territoires libérés de la RASD. Cette délégation comprenait Mme Harriett Cross, deuxième secrétaire de l'ambassade britannique à Rabat, Nick Robbins, chargé du dossier Maghreb au Foreign Office et David Evans, un officier supérieur du ministère de la défense britannique. Évoquant le processus d'identification des votants mis en place par l'ONU, le porte-parole de la délégation s'est déclaré surpris par le nombre élevé de recours introduits par Rabat. Cette visite de "reconnaissance sur le terrain" de la progression du plan de paix et des obstacles éventuels, fait partie des mesures de surveillance décidés par les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU pour faire pression sur le Maroc et empêcher de nouveaux retards dans la formation des listes définitives des votants appelés à voter lors du référendum. La diplomatie des petits pas devrait céder le pas à la diplomatie tout court. Mais la noria des visites de diplomates au Maghreb, il est à noter l'extraordinaire absence de l'Europe et de la France en particulier. Se dirige-t-on vers une pax americana dans le conflit du Sahara occidental ? Pourtant, l'année 1999 est marquée d'événements cruciaux. Des événements-clés Le Maghreb vient de vivre deux faits majeurs. La mort du roi Hassan II a amené une nouvelle donne avec l'arrivée au trône d'un jeune roi, Mohamed VI. Par ailleurs en Algérie, l'élection présidentielle a ramené sur le devant de la scène Abdelaziz Bouteflika, un homme-clé de la diplomatie algérienne à l'époque de Boumediène, un homme-clé de cette période des années 1970 qui a vu la décolonisation du Sahara occidental et l'émergence du Front Polisario. L'Algérie, on se souvient, a été impliquée. Sa tradition de soutien aux mouvements de libération nationale n'avait pas failli et des éléments de son armée ont combattu aux côtés des soldats sahraouis. L'autre événement-clé est également le plébiscite à la paix du peuple algérien, meurtri par une guerre sans nom depuis 1992. Les Algériens appelés aux urnes le 16 septembre dernier ont voté à plus de 98% pour la concorde civile. Tous ces éléments devraient jouer dans la stratégie de réflexion de la diplomatie à Rabat. Le Maroc en pleine croissance économique prendrait-il le risque de déclencher un conflit ? Bien sûr, il y a l'épineuse question d'une armée marocaine embourbée dans les sables pendant plus de vingt ans. Mais n'est-il pas temps d'opérer une vaste campagne de sensibilisation afin que cette armée qui a défilé sur les Champs Elysées, dont les Casques bleus se sont retrouvés en Bosnie-Herzégovine soit désormais appelée à des tâches humanitaires au service de la population marocaine : reconstruction des routes, déforestation, implication dans une force euro-aficaine ou africaine ? La stabilité intérieure du Maroc est également un souci non seulement pour les Occidentaux mais également pour les voisins du Maroc et pour un futur Etat sahraoui indépendant. Le temps des vérités Tous ces éléments ne favoriseraient-ils pas au contraire une volonté de marcher vers la paix pour toute la région. Cette paix ne saurait exister sans l'expression libre et sans contrainte du peuple sahraoui sur son avenir. Mais les réalités du terrain imposent un minimum de précautions. Il faudrait qu'une force de paix internationale se déploie avant le référendum sur le territoire contrôlé par le Front Polisario. Les Casques bleus de l'ONU devraient avoir pour tâche de déminer le mur érigé par l'armée marocaine. Les Casques bleus présents sur la partie sahraouie occupée par le Maroc devraient voir l'arrivée de renforts composés d'éléments africains et européens. Des observateurs civils doivent être envoyés trois mois avant le référendum. Une radio indépendante devrait voir le jour aux Canaries afin d'expliquer la démarche du référendum et des relations postérieures tant aux Marocains présents sur le sol du Sahara occidental qu'aux Sahraouis. L'armée marocaine devrait amorcer un retrait des trois quart de son contingent avant la date prévue pour le référendum. La population sahraouie ne saurait voter en présence de la totalité de l'armée marocaine. Ce sont des gages de confiance et de sécurité. Le roi Hassan II enterré, il s'agit aujourd'hui d'aborder une nouvelle phase, une nouvelle dynamique pour l'avenir de cette région. L'écrivain marocain Abdelhak Serhane le disait bien après le décès du roi : "après le deuil et les larmes, l'heure est au bilan. Non pour engager la polémique ou "gratter la plaie", mais pour demander et comprendre où nous allons. La meilleure preuve d'amour et de fidélité qu'on puisse témoigner au pays est de lui dire ses vérités". Il est temps de dire au peuple marocain certaines vérités et le Sahara Occidental en est une de taille... |
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Collectif d'initiatives
pour la connaissance du Sahara Occidental - octobre 1999 ![]()
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