Les ressources économiques

 
Les minerais

Depuis les années 50, on s'est intéressé également aux gisements de minerai de fer du Sahara occidental. Du minerai de fer a été trouvé à Agracha, sur le bord nord-ouest du plateau de Tiris, à quelques kilomètres des grands gisements de fer mauritaniens de Zouérate. Le gisement d'Agracha contiendrait au total 72 millions de tonnes de minerai de fer d'une teneur de 57,3 % de fer et 13,6 % d'oxyde de titane utilisé dans la fabrication de la peinture. Il contient aussi 0,6 à 0,8 % de vanadium, faisant du Sahara occidental l'une des régions du monde possédant lès plus grandes quantités de ce métal dont on se sert dans l'industrie aérospatiale pour fabriquer des alliages métalliques légers et résistant à la chaleur. Une firme norvégienne entreprit des recherches pour trouver un moyen de séparer l'oxyde de titane du précieux vanadium, et au début des années 1960, on fit les études d'une ligne de chemin de fer de 160 kilomètres de long, reliant Agracha à la baie du Rio de Oro.

 
Cependant, en 1964, l'I.N.I. annonça que le marché mondial du minerai de fer n'était pas assez prospère pour que l'on investisse dans le projet d'Agracha. Pendant ce temps, au nord-est, Manuel Alia Medina, le géologue espagnol qui, le premier, avait découvert des phosphates au Sahara occidental, trouva aussi du minerai de fer à l'est de la Seguiet el-Hamra en 1947, et avança l'hypothèse que tout le bassin de Tindouf, qui renferme les grands gisements de fer de Gara Djebilet de l'autre côté de la frontière algérienne, pourrait aussi contenir du minerai de fer. L'Espagne mena sur place une étude aéromagnétique au début des années 1960 mais demeura très discrète sur les résultats de ses travaux de prospection dans la région.

On a découvert aussi du fer dans une troisième zone, au centre du pays, où une étude aéromagnétique réalisée en 1965 révéla 46 sites possibles, mais là encore on eut que peu de détails sur les résultats de cette étude.

Ce sont surtout les phosphates qui amenèrent le Sahara occidental à figurer sur la carte mondiale des ressources minières. Au début des années 40, tandis que la plus grande partie de l'Europe était en proie à la guerre, Manuel Alla Medina, jeune professeur de géologie de l'université de Madrid, à l'esprit aventureux, parcourut le désert du Sahara occidental à dos de chameau pour étudier la structure géologique du pays.
 

Les premières exportations de phosphates furent expédiées au japon en 1972. Vers 1975, la production annuelle s'élevait à 2,8 millions de tonnes, faisant du Sahara occidental le 6e producteur mondial de phosphates. Cependant, la capacité d'exportation de Fosbucraa, qui avait déjà atteint 3,7 millions de tonnes, aurait dû s'élever en 1980 jusqu'à 10 millions de tonnes, ce qui aurait été l'équivalent de la quantité de phosphates exportée annuellement par les États-Unis, deuxième exportateur de phosphates du monde, et non loin derrière le Maroc qui exporta 16,4 millions de tonnes en 1980.

Pour l'Espagne, qui auparavant importait la majeure partie de ses phosphates du Maroc, les mines de Bou Craa fournissaient la quantité nécessaire aux usines d'acide phosphorique nouvellement construites à Huelva, près de Cadix ; et, en 1974-75, lors de la hausse spectaculaire du cours des phosphates sur le marché mondial, les usines de Huelva continuèrent à être fournies par Bou Craa à bas prix. Quant à la Fosbucraa, elle pensait être en mesure d'amortir les sommes investies dans la première phase du projet de Bou-Craa en dix ans ; en fait, le produit de la vente des phosphates réalisé par la compagnie atteignit 4 771 millions de pesetas pour la seule année 1974.

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