Les pertes de l'armée marocaine sont évaluées par les responsables Front Polisario à 1/10 de son effectif. L'armée se trouve maintenant disséminée sur trois pays, loin de ses bases. Les voies d'accès sont contrôlées par les combattants sahraouis et les convois routiers échappent rarement à leur vigilance. 40.000 soldats au moins se trouvent pratiquement cloués au sol dans le sud marocain, sur le territoire de la R.A.S.D. et en Mauritanie où les forces armées royales qui contrôlent les garnisons du pays utilisent les hommes de troupe mauritaniens (beaucoup d'officiers ont été tués dans les combats) comme l'armée française le faisait dans le cadre de son armée coloniale. L'encadrement marocain est replié dans des bases fortifiées et l'armée " mauritanienne " lui sert de bouclier.
Le sud marocain qui connaît de nombreuses incursions de l'armée sahraouie est en train de redevenir le bled-es-siba (le pays non contrôlé par la monarchie) qu'il avait été jusqu'à la colonisation.
 
   
La Mauritanie occupée par l'armée marocaine avec l'accord d'Ould Daddah est une conquête dangereuse car le Front Polisario y opère facilement. Les combats qui se sont déroulés dans le centre de la Mauritanie donnant bien la mesure de la situation dans ce pays.
La ville de Tidjidja attendait la visite du ministre Abdallah Ould Daddah, un des frères du Président de la Mauritanie dont le gouvernement repose sur un esprit de famille très développé. Le frère ministre venait exhorter ses compatriotes à participer avec enthousiasme à l'impôt volontaire destiné à couvrir l'effort de guerre. Pendant que l'avion d'Abdallah Ould Daddah tournait au-dessus de la ville, l'armée de libération sahraouie livrait au sol un combat à la garnison mauritanienne. L'avion n'a pu atterrir et tenta de le faire dans la ville la plus proche, distante de 300 km environ. Là aussi, une autre unité du Front Polisario s'était assurée le contrôle des deux villes et partageait avec la population les mets "officiels" qui avaient été préparés pour l'illustre visiteur.
La situation militaire est donc inquiétante pour les forces du Maroc. L'armée se pose de plus en plus de questions et au contact de la réalité sahraouie prend peu à peu conscience que le roi l'a envoyée conquérir ces terres lointaines pour se débarrasser d'un corps qui, à maintes reprises, avait contesté son autorité.
 
 
Le roi, sérieusement malade malgré les démentis, se méfie de plus en plus de cette armée qui l'a une nouvelle fois bafoué et souhaiterait assurer la continuité de la monarchie en installant son fils au pouvoir. Pour cela, il est prêt, comme l'avait fait son père, à faire alliance avec les restes de la "gauche" marocaine qui se sont englués comme lui dans l'aventure sahraouie.
La portée politique de l'offensive d'été du Front Polisario est très importante : elle a déclenché des contradictions violentes entre les corps constitués du Maroc. La politique au Maroc risque donc maintenant de ne plus rester figée dans l'affichage de l'unanimité nationale qui régnait depuis la marche verte.

Ce début de déstabilisation pourrait avoir, lorsque le réveil du peuple marocain interviendra, des conséquences bénéfiques pour le peuple sahraoui, le peuple mauritanien et le peuple marocain bien entendu.

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