Sahara Info
numéros 19/20 - novembre 1977 -
 
Sur le front.
 

190 prisonniers marocains et mauritaniens ainsi qu'un important lot de matériel et d'armements militaires ont été présentés lundi 12 septembre 1977 à la presse internationale par M Brahim Ghali ministre sahraoui de la défense.

152 prisonniers ont été capturés au cours de l'opération de " ratissage " lancée au Sahara Occidental par les troupes maroco-mauritaniennes, du 1er août au 1er septembre dernier, au lendemain du traité de défense commun qui lie la Mauritanie au Maroc.

" Notre lutte de libération, a affirmé M Brahim Ghali, amorce un important tournant. Le cinglant revers que viennent de subir les forces de Rabat et de Nouakchott en est une preuve éclatante. En dépit de tous leurs efforts, a souligné le ministre sahraoui de la Défense, les régimes marocain et mauritanien ne pourront cacher indéfiniment l'amère réalité de leurs défaites à leur peuple respectif ".

L'efficacité de la guérilla sur le terrain est telle, qu'après la ville de Farsya, les forces d'occupation marocaines ont dû évacuer la ville garnison d'Haouza, dans le Saguiet el Hamra après deux jours de combats, les 26-27 septembre derniers.

 

Il ne se passe pas un jour sans que le Front Polisario ne publie un communiqué militaire faisant état d'opérations au Nord ou au Sud du pays.

Dans un récent communiqué, le Front Polisario déclarait " qu'une pression aussi forte (qu'au Nord) est exercée par l'APLS sur le front Sud. " Nous voyons par là, la volonté des combattants sahraouis de vouloir maintenir à un niveau élevée la lutte contre les occupants maroco-maritaniens.

     
  Les conséquences de cette guerre affaiblissent chaque jour davantage le régime mauritanien qui, pour survivre, est obligé de faire appel à l'aide financière étrangère et au soutien militaire marocain. Les points stratégiques mauritaniens sont aujourd'hui sous le contrôle du Maroc.
 

De quelle indépendance le président Ould Daddah peut-il encore se prévaloir ?

Quant au Maroc, la situation politique ne vaut guère mieux. Hassan II ne peut se maintenir que grâce à une farouche répression contre les masses marocaines qui subissent chaque jour les conséquences économiques de la guerre. Les pertes en vies humaines infligées par les Sahraouis aux Forces royales minent le moral d'une armée et d'une population civile qui se demandent quel intérêt le Maroc peut bien avoir à occuper le territoire sahraoui ?

 
Ould Daddah et Hassan II s'entendent avec quelques pays arabes réactionnaires pour bloquer toute solution diplomatique et repousser constamment la réunion d'un sommet extraordinaire de l'OUA sur le Sahara Occidental. Ils croient ainsi que le temps et les négociations secrètes sur le dos du peuple sahraoui joueront en leur faveur. Ils se trompent.
 
Car aujourd'hui, la volonté du peuple sahraoui pour lutter pour son indépendance totale est plus grande que jamais. Il le prouve par des actions armées. Si certains pays, dont le Maroc et la Mauritanie, persistaient dans leur attitude, et bloquaient encore pendant des semaines toute réunion des représentants des Etats africains sur la question, ils sauront vite que cette solution n'est pas la bonne.

Les combattants sahraouis, en redoublant de combativité et en infligeant des pertes extrêmement dures aux armées d'occupation, sauront rappeler qui est maître du terrain, et que la guerre " n'est que le prolongement de la politique … par d'autres moyens ".

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