| De plus, une suite de changements politiques introduits par le gouvernement espagnol à partir de 1958 eut tendance à renforcer l'impression que le territoire était en train de devenir une entité politique conséquente. A la suite de l'instauration du statut de province et de l'arrivée d'un gouverneur général avec résidence permanente en 1958, il y eut les élections pour le Cabildo Provincial en 1963 et ensuite la création de la Djemaa en 1967. Même si la Djema n'était pas élue démocratiquement et n'avait aucun pouvoir législatif réel, son existence et ses débats sur des questions économiques et sociales concernant le territoire tendirent à renforcer le sentiment naissant chez les Sahraouis d'une identité territoriale allant au-delà de l'identité tribale. | ||||
| L'un des plus grands paradoxes du problème du Sahara occidental est que ce fut en partie parce que les gouvernements marocain et mauritanien et les partis d'opposition marocains n'avaient pas réussi à affirmer leur revendications sur le Sahara occidental avec une réelle vigueur, que, dix ans après le démantèlement de l'Armée de libération, les Sahraouis anticolonialistes commencèrent à s'organiser indépendamment et à se tourner aussi loin que vers l'Algérie et la Libye pour obtenir un soutien extérieur. | ||||
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Cette autonomie contribua à façonner le caractère nationaliste sahraoui propre au mouvement anticolonial qui réapparut vers la fin des années 1960. |
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| En même temps, beaucoup de Sahraouis apprirent, à partir du milieu des années 1960, que les Nations Unies et l'O.U.A. prônaient maintenant l'autodétermination pour le Sahara espagnol par le biais d'un référendum. | ||||
| D'ailleurs, pour répondre à la pression croissante en faveur de la décolonisation, et pour repousser les prétentions territoriales marocaine et mauritanienne, l'Espagne avait sanctionné la doctrine de l'autodétermination énoncée par l'O.N.U. |
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La légitimité et le caractère pratique
de cette option pour l'indépendance furent sans aucun doute confirmés
dans l'esprit des Sahraouis par les décisions du Maroc et de la Mauritanie
d'approuver la proposition de l'O.N.U. d'organiser un référendum sur
l'autodétermination, même s'ils savaient que ni le gouvernement marocain,
ni le gouvernement mauritanien n'avait renoncé à ses prétentions sur
le Sahara occidental.
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En outre, en renonçant aux prétentions marocaines sur la Mauritanie et en reconnaissant l'indépendance de celle-ci en 1969, le roi Hassan établit un précédent qui n'échappa pas aux Sahraouis. Si la Mauritanie pouvait enfin obtenir la reconnaissance de la part du Maroc de son droit à devenir une nation, pourquoi les Sahraouis ne pourraient-ils l'obtenir eux aussi ? |
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Collectif d'initiatives
pour la connaissance du Sahara Occidental - octobre 1999 ![]()
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