| Le cheikhMa el Aïnin et la lutte contre la France | ||
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Cependant, ce furent les ambitions coloniales des Français qui éveillèrent la fureur de Ma el Aïnin. Cantonnés à Villa Cisneros, les Espagnols n'étaient guère dangereux ; mais la France avait d'ores et déjà conquis l'Algérie et la Tunisie, et vers 1903, le Trarza et le Brakna étaient tombés aux mains de Coppolani. Ma el Aïnin avait été scandalisé par la soutien apporté aux Français dans leur lutte contre les ahel mdafa, les tribus guerrières, dans le Sud mauritanien, par les tribus zvvaya locales et le grand chef spirituel, le Cheikh Sidiya Baba du Trarza, son plus grand rival parmi les marabouts du trab el beidan, et il craignait que la France n'ait l'intention de pousser plus au nord pour soumettre le Tagant, l'Adrar, et peut-être même la Seguiet el-Hamra. De plus, il savait bien que la France avait également des vues sur le Maroc. |
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C'est pourquoi il n'hésita pas à répondre positivement à l'appel au secours de l'émir Bakar, en envoyant son fils aîné, Cheikh Hasseina, en Tagant et en demandant une aide militaire au sultan du Maroc ; mais avant que cette aide ne fut matérialisée, les forces françaises, qui comprenaient des unités de Sénégalais et de Maures, mirent en déroute les Idou Aïch, la principale tribu du Tagant, et tuèrent l'émir, le 1eravril 1904. | |
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Coppolani s'apprêtait à la conquête du dernier émirat, l'Adrar, lorsque dans la nuit du 12 mai il fut assassiné dans le camp français à Tidjikia, dans le Tagant, par un groupe d'hommes commandés par Sidi Seghir Ould Moulay Zein, le moqadem de la secte religieuse militante des Ghoudfiya, agissant probablement sur ordre de Ma el Aïnin. Cet événement constitua une extraordinaire stimulation psychologique pour les forces antifrançaises qui pensaient que désormais les choses allaient tourner en leur faveur. Ma el Aïnin proclama un jihad général, et s'arrangea pour que des cargaisons d'armes parviennent jusqu'aux foyers de résistance, à Smara et dans l'Adrar, où Hasseina jouait le rôle de tuteur et de régent du jeune émir, Ahmed Ould Ahmed Ould Aïda. Fin tacticien connaissant bien les rivalités des puissances européennes, Ma el Aïnin réussit à négocier avec des fournisseurs d'armes comme les firmes Woermann de Hambourg et Torres de Barcelone qui, avec la complicité de leurs gouvernements, commencèrent à expédier des armes à Tarfaya, par voie de mer. De son côté, Moulay Ulay Abdelaziz décida, en 1905, d'envoyer son oncle, Moulay Idris Ben Abderrahrnan Ben Souleirnan, rejoindre les troupes du Cheikh avec un chargernent d'armes. Descendant le long de la côte à bord d'un navire espagnol de location, le Rios, au cours de l'automne 1905, Moulay Idris débarqua à Tarfaya puis se rendit à Smara, auprès de Ma el Aïnin. |
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Sortie de son contexte, cette reconnaissance de la souveraineté du sultan peu paraître étrange si l'on considère que, depuis la mort de Moula, Ismaïl, presque deux siècles plus tôt, les Alaouites n'exerçaient pratiquement plus aucune influence directe sur cette partie du Sahara. Mais il était logique, vu l'importance de l'armement des forces chrétiennes qui marchaient en direction du nord, à travers le trab el-beidan, que le mouvement de résistance déclarât allégeance au calife de l'islam occidental. C'était un moyen de mettre en cause la légitimité de la présence française en Mauritanie et, qui plus est, d'encourager le seul gouvernement musulman ayant un réel pouvoir dans la région à fournir une aide militaire. Dans la pratique, les tribus ne perdirent rien de leur indépendance politique et, même si Moulay Idris transmit des dahirs émanant du sultan, qui donnaient officiellement aux chefs de tribus le titre de caïd, ces décrets ne firent guère plus que renforcer dans leur position les chefs existants. En outre, comme nous le verrons, Ma el Aïnin n'hésita pas, par la suite, à se retourner contre les sultans du Maroc qui manquaient à leur devoir de défendre l'islam contre les Européens. |
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Collectif d'initiatives
pour la connaissance du Sahara Occidental - octobre 1999 ![]()
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