La résistance jusqu'en 1934
 

Après la mort de Ma el Aïnin, l'un de ses fils les plus illustres, Ahmed el-Hiba, fut nommé chef de sa famille, les Ahel Cheikh Ma el Aïnin, qui, étant donné la nombreuse progéniture du cheikh, purent fonder leur propre qabila.

A l'instar de son père, el-Hiba allait lui aussi briguer le pouvoir au Maroc, qui sombra plus avant dans le chaos lorsque certaines tribus se rebellèrent après que Moulay Hafid eût signé le traité de Fès en mars 1912.

El-Hiba se proclama sultan à Tiznit, puis se mit en route pour Marrakech le 15 juillet, à la tête d'une armée de Sahraouis et de Soussis. Le Sultan Bleu, comme on le surnomma à cause des vêtements traditionnels des Sahraouis, le draa, entra à Marrakech le 15 août. Trois jours plus tôt, Moulay Hafid avait abdiqué à Fès au profit de son frère soutenu par la France, Moulay Ben Youssef, le grand-père de l'actuel souverain du Maroc, Hassan Il. Pendant ce temps, à Marrakech, le consul de France était emprisonné, et les dignitaires de la ville faisaient allégeance à Ahmed el-Hiba.

 

Plus au sud, dans le Sahara, la prise de l'Adrar par les Français en 1909 n'avait pas mis fin aux hostilités.

Les foyers de résistance s'étaient simplement déplacés vers le nord.

 

Au printemps 1934, la résistance sahraouie commença à faiblir. Seuls quelques groupes isolés comme celui d'El Aissawi et ses 25 hommes étaient encore actifs. Malgré leurs remarquables tactiques de guérilla, leur connaissance approfondie du désert et les refuges qu'ils s'étaient assurés en territoire espagnol, ils n'étaient pas de force à lutter avec les Français qui non seulement étaient mieux armés, mais réussirent en outre à mener leur ultime offensive, en 1934, à partir du Maroc de l'Algérie et de la Mauritanie, encerclant ainsi les Sahraouis par le nord et le sud.

Leur force de résistance fut encore amoindrie par la sécheresse qui frappa la région en 1933, et, à mesure que les filets se resserraient autour des Sahraouis, les raids devenaient de plus en plus dangereux et de moins en moins rentables, d'autant plus qu'il leur fallait faire des compromis pour garder accès aux pâturages, d'une importance vitale pour eux. De plus, le mouvement de résistance avait été considérablement affaibli par l'absence d'un commandement cohérent et durable.

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