| Solidarité : une réunion de famille | ||||
| Si les Marocains avaient quelques doutes sur les sympathies des Sahraouis, ils furent dissipés une fois que les Sahraouis se furent retrouvés tandis que les formalités du référendum se mettaient en place. Ces séries d'interview devinrent des réunions de familles. Il y eut des larmes, des rires, des lamentations, des évanouissements, tandis que les Sahraouis venus des régions sous contrôle du Maroc embrassaient leurs vieux amis, leurs familles venues des camps Polisario. 20 années de nouvelles condensées en de longues minutes et des lettres de familles passées en fraude, à l'insu des censeurs marocains. Cela rappelle la visite du Pape en Pologne communiste. Solidarité des membres d'un seul peuple étroitement liés les uns aux autres et non soumis à une idéologie étrangère. | ||||
| Il ne vint pas à l'esprit de Margaret Mead de prévoir que le référendum ne serait pas politique ou idéologique. En remontant à 1975, une mission d'information des Nations Unies envoyée au Sahara Occidental pour analyser les réactions conclut que les Sahraouis étaient très en faveur de l'indépendance. Rien n'a changé. De nouveau le référendum aura lieu pour savoir si les Sahraouis veulent former un seul peuple et ceci sera impossible s'ils restent séparés par l'occupation marocaine. | ||||
| Plan B | ||||
| En cas d'échec du référendum, le Maroc ne pourrait pas faire valoir son bon droit à être là mais, au moins il garderait le Sahara Occidental. | ||||
| Aussi, le Maroc changea-t-il d'attitude et comme les Nord Coréens dans les discussions de paix du Panmujang discutant de l'importance de la table des négociations, le Maroc opta pour une suspension du référendum en faisant obstruction à chaque étape. Le rythme de travail du référendum se plaignait le Maroc, était tantôt trop mou, tantôt trop intense. Il a fallu faire une planification toutes les semaines et ce fut Azmi le marocain, non Jensen le responsable des Nations Unies qui décida quand la mission devait travailler. | ||||
| Une des meilleures ruses se dévoila à l'automne 1994 lorsque, comme venant de chez Ionesco Mr Azmi freina le déroulement du référendum pendant plus d'une semaine avec un coût de $ 100.00 par jour pour les Nations Unies, parce qu'il s'opposait à un adverbe employé dans un document de la MINURSO et exigeait que le sujet soit traité par un échange de correspondance. Avec un telle tactique, sans protestation de Jensen ou des Nations Unies, Azmi prenait le contrôle du calendrier au jour le jour de la mission des Nations Unies. Vers la fin de 1994, je me présentais à Jensen et Azmi ensemble. N'existait même plus, l'illusion d'une MINURSO indépendante. | ||||
| Le congrès | ||||
| Mon contrat expirait fin 1994 mais avant de partir j'envoyais un fax à Kofi Annan alors à la tête des Nations Unies , rapport de paix décrivant quelle comédie le référendum était devenu et offrant de venir à New York pour discuter du référendum avec lui. Ses services rencontrèrent les services de l'Ambassadeur Allbright et sa réponse revint : ce que j'avais mentionné "n'était pas grave". | ||||
| Ce serait la fin de mon histoire si on ne m'avait pas demandé d'attester en janvier 1995, avant que le sous comité de la Chambre de dotation n'examine les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. J'étais du menu fretin par rapport à l'Ambassadeur Kirk Patrick, l'ancien avocat du gouverneur Thornburgh et d'autres personnages connus et je ne fis rien de plus que de lire une partie d'un rapport préparé, soulignant le gangstérisme du Maroc au Sahara Occidental et les médias envoyèrent ce rapport dans le monde entier. Le New York Times dépêcha Chris Hedges à Layoune pour s'informer et le 5 mars 1995 il confirma "que les responsables des Nations Unies précédents et actuels disent que le Maroc essaie de prendre le contrôle du vote et de maintenir sa position dans cette région. Le Maroc se brancha sur les téléphones des Nations Unies, confisqua des documents aux votants dans la plus grande ville de la région et refusa aux autres le droit d'entrer dans les centres d'inscription dirent les responsables et résidents. | ||||
| Plus tard, la même année, après une visite à la MINURSO, la Ligue des Droits de l'Homme fit circuler un réquisitoire amer de la MINURSO et de son lâche abandon du référendum et du droit à l'autodétermination des Sahraouis. | ||||
| Gardant les gardiens | ||||
| Comme le Capitaine Renault à Casablanca, les Nations Unies étaient plus que choquées de lire tous ces rapports sur les abus de pouvoir au Sahara Occidental, et s'employèrent d'abord à faire barrage à toute cette contre publicité en demandant au tout nouvel Inspecteur des Nations Unies de rétablir une situation honnête mais ils n'ont même pas pu. L'inspecteur général dut admettre que tant qu'il était sous l'autorité des Nations Unies, il était impuissant sur les gangsters marocains comme Hedgs l'avait signalé car cela pouvait l'amener à critiquer un membre des Nations Unies et cela ne se faisait absolument pas. Apparemment, aux Nations Unies, vous avez le droit d'inspecter aussi longtemps que vous ne cherchez pas la petite bête. | ||||
| Que l'inspection n'était qu'une comédie se retrouva dans l'interview de l'équipe d'inspection d'un couple d'américains. | ||||
| L'inspecteur des Nations Unies dit à Mara Hanna de Pittsburgh alors qu'elle relatait publiquement les faits à Capitol Hill : "Fermez votre gueule si vous voulez encore travailler pour les Nations Unies". Elle termina son discours et comme prévu, elle fut blackboulée par le Colonel Dan Magee des Nations Unies commandant des Forces Américaines à la MINURSO. qui dit que son interview n'était que "Salut, comment allez-vous" et l'inspecteur ne prit pas de note. L'ancien assistant avocat du gouvernement, John Bolton dit que si l'inspecteur général d'une agence gouvernementale des Etats Unis avait produit un tel rapport, sa démission aurait été demandée avant que l'encre ne soit sèche. Dans les jours précédant la parution du rapport, l'Ambassadeur argentin des Nations Unies, Emilio Cardenas dit à propos du rapport dans le Washington Post "La mission s'est complètement enlisée (MINURSO) et que tout ce que nous entendons des Nations Unies ne sont que d'immenses racontars". | ||||
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Le référendum a entraîné un coût d'un quart de million de dollars (mille millions de dollars, un quart de mille millions de dollars = 250 millions de dollars), soit environ 2500 dollars pour chaque sahraoui qui n'irait jamais voter. Grâce aux accords de Houston, l'identification des candidats au vote reprit en décembre 1997 et sous l'autorité d'un nouvel ambassadeur nommé spécialement Charles Dunbar, 127.472 personnes ont été identifiées jusqu'à encore la semaine dernière. Il y a moins de 30.000 personnes venant de tribus non contestées à être convoquées mais il y a une pierre d'achoppement dans un autre groupe de 65.000 marocains avec des papiers d'identité douteux, gens venant de tribus seulement liées de façon marginale au Sahara Occidental. Le Polisario maintient que puisque ces 65.000 personnes vivent au Maroc, seulement ceux qui sont sur les fiches du recensement espagnol de 1974 (il y avait 74.000 noms) peuvent être identifiés. Pour des raisons évidentes, autoriser 65.000 marocains à voter pour l'avenir du Sahara Occidental aurait pu faire tiquer le Major Daley. Les accords d'Houston ne sont pas, après tout, un pacte suicidaire. Néanmoins, c'est la position du Maroc d'exiger que tous les 65.000 soit identifiés. |
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| Le Secrétaire Général Kofi Annan a proposé un compromis selon lequel 4.000 de ces 65.000 soient identifiés comme test. On n'a pas réussi à proposer une date même si c'est une concession faite aux marocains qui, tout comme le Polisario, se sont mis d'accord aux Accords de Houston pour ne pas faire ce qu'en fait ils font maintenant, pousser les membres de ces tribus contestées à se faire identifier. | ||||
| Mauvaise foi | ||||
| En plus de ce problème des 65.000 membres des tribus contestées, on doit se demander ce que le Maroc prépare dans ses démonstrations gouvernementales orchestrées en face des structures des Nations Unies au Sahara Occidental et dans ses attaques virulentes qui paraissent dans la presse contre ce qu'ils appellent la MINURSO à la solde du Polisario, toutes choses qui furent commentées et regrettées par le Secrétaire Général Annan qui a demandé de les éviter. | ||||
| Il n'y a rien de tel que ces démonstrations spontanées ou que cette liberté de la presse au Maroc et on peut se demander pourquoi le Maroc essaye de discréditer le processus sur lequel il s'est engagé aux Accords de Houston. | ||||
| Plus significatif encore, dans une boule rouge enflammée ou plus exactement une note enflammée, le Ministre de l'Intérieur Driss Basri a fait passer cette année des instructions aux Gouverneurs du Maroc pour tenir des ateliers ethniques permettant aux Marocains de se faire passer pour des Sahraouis dans les sessions d'identification. | ||||
| Plus décourageant que tout, le Maroc a passé toutes ces années à attirer des dizaines de milliers de Marocains pour s'installer au Sahara Occidental avec subsides et exemptions d'impôts. | ||||
| Layoune, la capitale a d'énormes villages de tentes remplies de ces aventuriers, comme l'a noté l'Economiste, le Maroc dépense pour développer le port et l'approvisionnement en eau sans se soucier du rapatriement d'un grand nombre d'immigrants marocains. | ||||
| Le mois de juin est d'importance pour l'avenir du référendum. La situation à la fin de mai sera déterminante pour savoir si le Conseil de Sécurité autorisera à continuer. Kofi Annan en a dit autant. Comme enjeu, il n'y a pas seulement une autre nouvelle pagaille aux Nations Unies ou même la paix dans un endroit ou quelques personnes dont on n'avait jamais entendu parler avant J. Baker se sont trouvées impliquées, mais des incidences importantes | ||||
| La stabilité de toute la région et pour d'autres le pouvoir des Nations Unies d'effectuer ce qui devrait être une opération classique à grand éclat pour le maintien de la paix. | ||||
| Selon l'Economiste le monde n'a pas à entrer en guerre chaque fois qu'un despote s'attribue un morceau de terre mais les principes sont évoqués quand il y a résistance comme au Koweit et ils ne devraient pas être oubliés dans les modern Anschluss comme l'occupation de Timor Oriental et l'invasion du Sahara Occidental par le Maroc. | ||||
| Dans "Comment les démocraties disparaissent", J. F Revel dit que "le talent unique des communistes pour créer la non information" était l'occupation chinoise du Tibet ou aucune information ne parut qui aurait pu perturber la Sinolatrie de l'ouest. Il l'appela "Génocide presque parfait qui se déroula dans le plus parfait secret". Le Maroc a emprunté une page du livre chinois envahissant et colonisant le Sahara Occidental sans attirer la colère ou l'attention mondiale, se présentant comme un grand ami de l'ouest tandis qu'il foule aux pieds le droit des Sahraouis à décider de leur avenir, que devaient protéger les Nations Unies comme il était dit quelque part dans la charte. | ||||
| La lumière du soleil est le meilleur désinfectant a dit Justice Brandeis. L'attribution du prix Nobel de la Paix à l'Evêque Beto et José Ramos Horta porta le massacre par les Indonésiens du peuple de Timor Oriental sur la scène mondiale. Un acteur de cinéma et des héros aussi invraisemblables que les Beastie Boys parmi d'autres groupes rocks ont fait de la soumission du Tibet par la Chine une cause à défendre pour la nouvelle génération. Peut-être un autre genre de célébrité, un homme politique tel que James Baker aidera-t-il à briser le monde du silence à propos des massacres du Roi Hassan au Sahara Occidental. | ||||
| Voltaire disait qu'il était inutile de recourir à la loi pour empêcher un roi de prendre ce qu'il convoite, comme de vouloir rétablir un code pour les voleurs de grand chemin. Dans cette seconde moitié du siècle, il sera intéressant de voir si le roi du Maroc peut encore fouler aux pieds les règlements de la Communauté des Nations Unies comme il aurait pu le faire à l'époque de Voltaire? | ||||
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Collectif d'initiatives
pour la connaissance du Sahara Occidental - octobre 1999 ![]()
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