| LES PHOSPHATES DU SAHARA OCCIDENTAL OU ? Les gisements de phosphates sont situés au Nord-Ouest du territoire du Sahara Occidental, à Bu-Craa, ville située à 100 kilomètres d’El Auin au Sud-Est de la capitale, et à 100 kilomètres de la côte. COMMENT ? Les gisements s’étendent sur une surface de 250 Km2 environ. Le minerai, disposé sur trois niveaux (José Ramon Diego Aguirre, Historia del Sahara Español, Kayeda Ediciones, Madrid.), est présent dans une couche sédimentaire épaisse de quelques mètres, à faible profondeur. Il est donc facile à atteindre et les mort-terrains y sont peu importants. La concentration en P2O5 (anhydride de phosphate) en est fort intéressante comparée aux autres minerais de phosphates. Elle varie un peu selon les auteurs, mais tous s’accordent à lui reconnaître un grand intérêt économique. Selon J.F. Troin (Jean François Troin, Maroc Régions, Pays, Territoires, Maisonneuve et Larose, Paris 2002.) : « Les teneurs (en P2O5) sont bien supérieures dans la zone saharienne (comparées aux teneurs des phosphates marocains) ». Pour Tony Hodges (Tony Hodges, Historical Dictionary of Western Sahara, The Scarecrow press, inc, London, 1982.) le minerai sahraoui serait même le plus concentré du monde. Les auteurs reconnaissent aussi le faible coût d’extraction des phosphates du Sahara occidental, ainsi que la grande potentialité des réserves, de l’ordre de 10 milliards de tonnes, qui en font le 2e. gisement mondial derrière les réserves du Maroc (60 milliards de tonnes) et à égalité avec les réserves des U.S.A. et de la Chine. Par ailleurs, les phosphates sahraouis, comme très souvent pour ce genre de minerai, renferment de l’uranium (J.M. Rios, !SAHARA !SAHARA ! La aventura de los fosfatos, un episodio inedito, Fundacion Gomez Pardo, Madrid.)ce qui renforce leur intérêt. COMPARAISON DE DIFFERENTS DEPOTS DE PHOSPHATES (J.M. Rios, op. cité.)
QUAND ? : HISTOIRE DE L’EXPLOITATION DES PHOSPHATES SAHRAOUIS De leur découverte à nos jours, trois périodes marquent l’exploitation des phosphates du Sahara. La première période va de 1945
à 1976, c’est la période espagnole. C’est en 1960 que l’intérêt pour les phosphates fut relancé. Le 4 juillet 1962, l’E.N.M.I.N.S.A. (L’Empresa Nacional Minera del Sahara S.A.) voyait le jour avec, pour objectif, la recherche de conditions d’exploitation économiquement rentables. C’est à Bu-Craa que fut découvert un gisement de phosphates des plus prometteurs, tenant à l’importance des réserves et à la concentration du minerai en phosphore. En 1967, la recherche de capitaux et des négociations avec des compagnies pétrolières U.S. (Gulf Oil, W.B. Grace, Texaco et Standard Oil of California) (Tony Hodges, op. cité) en vue de créer un consortium d’exploitation n’aboutirent pas. Le prix peu élevé des phosphates et l’avenir du Sahara expliquent cet échec. Le gouvernement espagnol décida de poursuivre seul la mise en chantier de l’extraction des phosphates. Le 22 mai 1968, l’E.N.M.I.N.S.A. changea d’appellation et prit pour nom : FOSBUCRAA (Fosfatos de Bu-Craa) (www.geocities.com) En 1969, alors que la production de minerai avait démarré et donné 20 000 tonnes de phosphates, des négociations avec l’O.C.P. pour l’intéresser aux richesses phosphatières, échouèrent (Ramon Criado, Sahara, pasion y muerte de un sueño colonial, Ruedo Iberico, Paris, 1977.). Les travaux d’aménagements et de construction des installations nécessaires aux activités de la mine furent entrepris : construction d’un convoyeur de minerai de 98 kilomètres de Bu-Craa au port d’El Aiun où furent réalisés des bassins de chargement, la réalisation d’une usine d’enrichissement du minerai, d’ateliers de broyage, d’aires de stockage des phosphates, etc… Les investissements se montèrent à 24,5 milliards de pesetas (Tony Hodges, op. cité). Le 18 avril 1972, un cargo japonais venait prendre, pour la première fois, livraison d’un chargement de 7100 tonnes de phosphates (J.M. Rios, op. cité.). La montée en puissance de l’exploitation des phosphates se poursuivit et, en 1974, 2,3 millions de tonnes de phosphates étaient extraites. FOSBUCRAA employait alors 2600 personnes dont 45% étaient des sahraouis. En 1976, la production chuta à 0,27 million de tonnes car, entre temps, le Front POLISARIO avait été crée le 10 mai 1973 et, malgré la présence des F.A.R. (Les Forces Armées Royales), l’A.L.P.S. (L’Armée de Libération Populaire Sahraouie) bombardait régulièrement le convoyeur de minerai. Devant la réduction des exportations, FOSBUCRAA ralentit ses activités. Commença alors La deuxième période de l’histoire
des phosphates. Il fallut la réalisation de plusieurs murs pour permettre la reprise progressive de l’activité de la mine de Bu-Craa. Le convoyeur de minerai resta inopérant jusqu’en 1989 (Tony Hodges, op. cité, 2e. version remise à jour 1991). En 1986 (Tony Hodges, op. cité, 2e. version remise à jour 1991), l’exploitation fournissait plus du tiers de la production de 1974, soit 0,96 millions de tonnes de phosphates qui étaient acheminés par camion, solution particulièrement onéreuse. Lors des accords de Madrid, signés entre le Maroc, la Mauritanie et l'Espagne, le 14 novembre 1975, qui entérinent l’abandon du Sahara par l’Espagne, l’I.N.I. cède 65% de ses parts de FOSBUCRAA à l’O.C.P. En échange, à travers sa filiale, la S.E.P.I. (La Société Espagnole de Participation Industrielle ), l’I.N.I. se voit délivrer du minerai à un prix particulièrement avantageux (Tony Hodges, op. cité, 2e. version remise à jour 1991). A partir de 1991, l’O.C.P.relança l’activité de la mine de BUCRAA et débuta alors… La troisième période de l’histoire
des phosphates sahraouis.
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Collectif d'initiatives
pour la connaissance du Sahara Occidental - mai 2003 ![]()
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