La question des recours
 
Les accords d'Houston conclus entre le Front Polisario et le Maroc en septembre 1997 prévoient une procédure d'appel suite à la première phase d'identification et à la publication des premières listes de votants.

Cette procédure est soumise à des directives opérationnelles strictes, les requérants devant être en mesure d'introduire de nouvelles informations relatives à leur situation et justifiant le bien-fondé de leur demande soit par écrit, soit oralement en proposant des témoins autres que les habituels observateurs.

Dans ses dernières résolutions, M. Kofi Annan avait mis en garde les parties que cet appel ne devait pas se transformer en seconde identification ; il s'était d'autre part récemment étonné du nombre inattendu, considérable, des recours. Il faut noter que les recours sont d'origine marocaines dans leur très grande majorité.
La SFO qui s'est constituée pour encourager la tenue et la réussite de ce processus ne peut que fortement appeler à la tenue dans les délais annoncée du référendum (juillet 2000) en réclamant pour la Minurso et la commission chargée des recours, les moyens matériels et financiers suffisants et en exigeant pour la question de la recevabilité des recours la stricte application des Accords d'Houston et des décisions des Nations Unies.

Les Nations Unies et la question du Sahara occidental

Quelques repères - Première partie de 1963 à 1975

1963 : le Sahara Espagnol est inscrit sur la liste des territoires auxquels s'applique la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux adoptée en 1960. Depuis cette date, le comité de décolonisation des Nations Unies examine la situation dans le territoire.
Septembre 1963 : devant le Comité de décolonisation, les représentants du Maroc et de la Mauritanie rappellent les revendications de leurs pays sur le Sahara et demandent des négociations directes avec l'Espagne.
Juin 1966 : devant le Comité de décolonisation, le Maroc propose l'indépendance du Sahara Espagnol mais sans renoncer à ses droits sur lieu.
Octobre 1966 : Maroc et Mauritanie confirment devant le Comité qu'ils acceptent l'application du principe d'autodétermination au Sahara avec un contrôle international.
16 novembre 1966 : le Comité de décolonisation adopte une résolution dans laquelle il sépare le cas d'IFNI de celui du Sahara, en demandant à l'Espagne de créer pour le Sahara les conditions propres à assurer les droits de la population autochtone à l'autodétermination et à l'indépendance.
20 décembre 1966 : Résolution 2229 adoptée par 105 voix contre 2 (Espagne, Portugal) et 8 absentions (dont la France), de l'Assemblée Générale qui invite l'Espagne à organiser un référendum au Sahara sous les auspices de l'ONU.

Ce référendum devait être préparé "en conformité avec les aspirations de la population autochtone, en consultation avec les gouvernements du Maroc, de la Mauritanie et de toute autre partie intéressée" (c'est-à-dire l'Algérie). Il est question d'une mission spéciale pour préparer et surveiller le référendum.
De 1966 à 1970 : renouvellement par l'Assemblée Générale des Nations Unies de la résolution de 1966.
A partir de 1970, émergence d'un nationalisme sahraoui, dont la création du Front Polisario en mai 1973. Décembre 1970 à 1972 : résolutions plus pressantes de l'Assemblée Générale qui, en 1972, insiste sur l'indépendance du Sahara (Espagne vote contre, Maroc s'abstient).
Décembre 1974
: l'Assemblée Générale, à la demande du Maroc, demande à la Cour de Justice de La Haye de donner un avis consultatif sur les 2 questions suivantes :

1. Le Sahara occidental, était-il au moment de la colonisation de l'Espagne un territoire sans maître ?
2. En cas de réponse négative, quels étaient les liens juridiques de ce territoire avec le Royaume du Maroc et l'ensemble mauritanien ?

et décide l'envoi d'une mission de visite au Sahara Occidental. 8 mai - 14 juin 1975 : Mission des Nations Unies au Sahara Occidental et dans la région :
Pancartes et slogans brandis pendant les manifestations à l'occasion du passage de la mission à El Aïoun sont en faveur de l'indépendance.
Extraits du rapport "les manifestations de masse en faveur du Front Polisario, dont la mission a été témoin dans l'ensemble du territoire, et surtout dans sa partie Nord, ont surpris les autorités espagnoles et de nombreux Sahraouis et ont considérablement modifié la situation politique dans le territoire".
Autorités chérifiennes rencontrées par la mission sont d'accord pour un référendum offrant le choix du maintien espagnol ou du rattachement au Maroc.

En Algérie, la mission rencontre le Président Boumedienne qui assure :

1. N'avoir aucune prétention territoriale sur le territoire
2. Etre favorable à l'exercice de l'autodétermination 3. Ne pas s'opposer au partage du territoire entre Maroc et Mauritanie à condition que la population choisisse librement cette position.

En Mauritanie réaffirmation des revendications territoriales sur le Sud du Sahara. Les Sahraouis rencontrés par la mission sont partagés, certains sont en faveur de l'indépendance et du Front Polisario, d'autres se prononcent pour l'intégration à la Mauritanie.

15 octobre 1975 : la mission rend publique son rapport qui ne bénéfice pas de la même publicité que l'avis consultatif de la Cour de Justice publié le 14 octobre 1975 mais qui aboutit aux mêmes conclusions : droit à l'autodétermination de la population sahraouie et libre exercice de ce droit grâce à une consultation contrôlée par l'ONU.
 
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Collectif d'initiatives pour la connaissance du Sahara occidental - janvier 2000