Participation d'une délégation de la SFO à la réunion des observatoires autonomes d'Espagne pour le référendum au Sahara (Palma de Mallorca - 1er avril 2000)
 

Cette rencontre avait été précédée par une réunion des intergroupes parlementaires permanents " Paix et liberté au Sahara ". Le contexte actuel pesant et périlleux a marqué les débats

  • Le dernier rapport du Secrétaire Général des Nations Unies dont certains éléments sont préoccupants quant aux possibilité d'application immédiate du plan de paix,
  • Le constat concernant l'attitude du blocage du processus de la part du Royaume du Maroc,
  • Les risque du retour à la guerre que les observatoires ont bien sûr pour vocation de tenter d'éviter en mettant tout en œuvre pour faire triompher le droit.

Chaque participant des observatoires autonomes avait conscience que cette réunion se situait à un moment clef compte tenu du fait que dans les mois qui viennent, le conflit cheminera, soit vers une issue pacifique avec la tenue du référendum, soit vers la situation antérieure à 1991 (date à laquelle l'acceptation par les belligérants d'un plan de paix ONU/OUA mettait entre parenthèses provisoirement une guerre qui durait depuis 1975 menaçant de déstabiliser toute la région).

Le contenu de la réunion a été axée sur une évaluation de la situation du plan de paix et sur l'état de marche des observatoires autonomes en vue de la relance d'une campagne de mobilisation. En effet, dès que le plan de paix a paru devenir concret avec des dates précises d'organisation du référendum (après les accords de Houston), l'Espagne s'est mobilisée, et en peu de mois, 8.000 observateurs volontaires environ ont été recensés par les observatoires autonomes.
Dès lors, passé cet enthousiasme, une tendance à la mise en attente des observatoires s'est installée au fur et à mesure que le référendum paraissait s'éloigner. Des nombreux exposés et débats, trois idées-forces se dégagent

  • La nécessité d'une campagne en vue de l'ouverture du territoire du Sahara Occidental à tous : journalistes, observateurs divers, touristes. Dans les précédents cas de mise en place d'un plan de paix par les Nations Unies, les territoires en cause étaient ouverts permettant l'observation dès le début du processus. Avec le Sahara Occidental, seule la MINURSO est présente et il n'y a aucune présence extérieure réellement indépendante capable de témoigner sur l'état de marche du plan de paix et sur la sécurisation des populations (dont la MINURSO n'assure pas, comme cela a été constaté lors des événements d'El Aïoun, la protection). Contrairement à la pratique instituée pour les autres consultations référendaires, cette absence d'observateurs indépendants à tous les stades du processus est source d'une très grande préoccupation. Le contrôle du territoire dépend théoriquement de la MINURSO mais il est quasi impossible d'y entrer, d'examiner ce que fait cette organisation et de témoigner. Rien n'est prévu avant la campagne électorale.
  • ¨ Le référendum est le seul moyen de résoudre le problème, ce qui exige d'observer sur place la mise en œuvre du plan de paix.
  • La décision de relance de la mobilisation des observatoires avec un accent sur la formation des formateurs (qui seront chargés de la préparation des observateurs). En dehors des prises de parole par chacun des observatoires autonomes, l'intervention centrale a été faite par Felipe BRIONES de la plateforme des juristes. Il a traité de la formation des observateurs et des conditions particulières de l'observation au Sahara occidental. Il a également attiré l'attention sur les questions de logistique et de financement qui sont importantes et doivent être prises en charge de façon indépendante.

En effet, si les observateurs seront des partenaires de la MINURSO (devant même signer un protocole avec elle), ils ne seront pas pris en charge par elle. Il a également indiqué les caractéristiques principales devant être maîtrisées par chaque unité tout au long de cette observation qui durera environ 24 semaines : connaissance des langues de communication et notamment de la langue parlée par la population, bonne condition physique et psychique, capacité à l'autoadministration et à l'autosuffisance dans tous les domaines de la vie, neutralité, non violence, etc…

Les conditions de rapatriement des populations demandent beaucoup de vigilance de la part des ONG et des observateurs. La plupart des réfugiés voudront, pour des raisons de sécurité, se présenter dans les bureaux de vote des zones libérées. Or, il faudrait au moins quatre mois pour mettre en place un minimum de conditions de vie dans les lieux d'implantation prévus, où le manque d'infrastructures est actuellement total.

La réunion s'est terminée sur l'intervention de la Section Française de l'Observatoire International. L'organisation, les méthodes de travail et les actions entreprises ont été exposées.

Ce type d'échanges est mutuellement enrichissant et profitable et est à encourager chaque fois que possible.

 
   
     

Collectif d'initiatives pour la connaissance du Sahara occidental - mai 2000