|
Cette rencontre avait été
précédée par une réunion des intergroupes parlementaires permanents
" Paix et liberté au Sahara ". Le contexte actuel pesant et périlleux
a marqué les débats
- Le dernier rapport
du Secrétaire Général des Nations Unies dont certains éléments sont préoccupants
quant aux possibilité d'application immédiate du plan de paix,
- Le constat concernant
l'attitude du blocage du processus de la part du Royaume du Maroc,
- Les risque du retour à la guerre que les observatoires ont bien sûr pour vocation de tenter
d'éviter en mettant tout en œuvre pour faire triompher le droit.
Chaque participant des observatoires
autonomes avait conscience que cette réunion se situait à un moment
clef compte tenu du fait que dans les mois qui viennent, le conflit
cheminera, soit vers une issue pacifique avec la tenue du référendum,
soit vers la situation antérieure à 1991 (date à laquelle l'acceptation
par les belligérants d'un plan de paix ONU/OUA mettait entre parenthèses
provisoirement une guerre qui durait depuis 1975 menaçant de déstabiliser
toute la région).
Le contenu de la réunion a été axée sur une évaluation de la situation
du plan de paix et sur l'état de marche des observatoires autonomes
en vue de la relance d'une campagne de mobilisation. En effet, dès que
le plan de paix a paru devenir concret avec des dates précises d'organisation
du référendum (après les accords de Houston), l'Espagne s'est mobilisée,
et en peu de mois, 8.000 observateurs volontaires environ ont été recensés
par les observatoires autonomes.
Dès lors, passé cet enthousiasme, une tendance à la mise en attente
des observatoires s'est installée au fur et à mesure que le référendum
paraissait s'éloigner. Des nombreux exposés et débats, trois idées-forces
se dégagent
- La nécessité d'une campagne
en vue de l'ouverture du territoire du Sahara Occidental à tous :
journalistes, observateurs divers, touristes. Dans les précédents
cas de mise en place d'un plan de paix par les Nations Unies, les
territoires en cause étaient ouverts permettant l'observation dès
le début du processus. Avec le Sahara Occidental, seule la MINURSO
est présente et il n'y a aucune présence extérieure réellement indépendante
capable de témoigner sur l'état de marche du plan de paix et sur la
sécurisation des populations (dont la MINURSO n'assure pas, comme
cela a été constaté lors des événements d'El Aïoun, la protection).
Contrairement à la pratique instituée pour les autres consultations
référendaires, cette absence d'observateurs indépendants à tous les
stades du processus est source d'une très grande préoccupation. Le
contrôle du territoire dépend théoriquement de la MINURSO mais il
est quasi impossible d'y entrer, d'examiner ce que fait cette organisation
et de témoigner. Rien n'est prévu avant la campagne électorale.
- ¨ Le référendum est le
seul moyen de résoudre le problème, ce qui exige d'observer sur place
la mise en œuvre du plan de paix.
- La décision de relance
de la mobilisation des observatoires avec un accent sur la formation
des formateurs (qui seront chargés de la préparation des observateurs).
En dehors des prises de parole par chacun des observatoires autonomes,
l'intervention centrale a été faite par Felipe BRIONES de la plateforme
des juristes. Il a traité de la formation des observateurs et des
conditions particulières de l'observation au Sahara occidental.
Il a également attiré l'attention sur les questions de logistique et
de financement qui sont importantes et doivent être prises en charge
de façon indépendante.
En effet, si les observateurs
seront des partenaires de la MINURSO (devant même signer un protocole
avec elle), ils ne seront pas pris en charge par elle. Il a également
indiqué les caractéristiques principales devant être maîtrisées par
chaque unité tout au long de cette observation qui durera environ 24
semaines : connaissance des langues de communication et notamment de
la langue parlée par la population, bonne condition physique et psychique,
capacité à l'autoadministration et à l'autosuffisance dans tous les
domaines de la vie, neutralité, non violence, etc…
Les conditions de rapatriement des populations demandent beaucoup de
vigilance de la part des ONG et des observateurs. La plupart des réfugiés
voudront, pour des raisons de sécurité, se présenter dans les bureaux
de vote des zones libérées. Or, il faudrait au moins quatre mois pour
mettre en place un minimum de conditions de vie dans les lieux d'implantation
prévus, où le manque d'infrastructures est actuellement total.
La réunion s'est terminée sur l'intervention de la Section Française
de l'Observatoire International. L'organisation, les méthodes de travail
et les actions entreprises ont été exposées.
Ce type d'échanges est mutuellement enrichissant et profitable et est
à encourager chaque fois que possible.
|