ASSOCIATION
DES AMIS DE LA REPUBLIQUE ARABE SAHRAOUIE DEMOCRATIQUE
COMITE DES DROITS DE L'HOMME
COMMUNIQUE
Paris, le
4 juillet 2000
La
Cour d'Appel d'Agadir confirme et alourdie les peines d'emprisonnement
ferme à l'encontre de trois sahraouis
La Cour
d'appel d'Agadir a rendu sa sentence le lundi 3 juillet 2000.
Brahim
LAGHZAL Cheikh KHAYA et Laarbi MASSOUDI sont condamnés à 4 années
de prison ferme.
De
plus, chacun d'entre eux est condamné à une amende de 10.000 dirhams.
Laarbi Massoudi
s'est vu également confisquer la somme de 2450 Dh et Cheikh Khaya,
un téléphone mobile.
Enlevés le 6 décembre 1999, et incarcérés depuis à la prison d'INEZGANE,
ces trois personnes arrêtées à la suite des événements d'El Aïoun
en septembre 1999, comparaissaient une première fois le jeudi 25 mai
2000 devant le Juge d'Instruction de la Cour d'Appel d'Agadir, sans
la présence de leur avocat.
Le Juge d'Instruction jugeant la Cour d'Appel incompétente, renvoyait
l'affaire devant le tribunal de Première Instance de cette même ville
pour le mardi 30 mai 2000 qui les condamnait le 2 juin 2000 à 4 ans
de prison ferme pour les deux premiers et à 3 ans de prison ferme
pour le troisième.
Ces trois personnes (dossier 510/2000) ont été poursuivies pour atteinte
à la sûreté intérieure de l'Etat conformément à l'article 206 du code
pénal marocain libellé comme suit : " est coupable d'atteinte à
la sûreté intérieure de l'Etat et puni d'un emprisonnement d'un à
cinq ans et d'une amende de 1000 à 10000 dirhams quiconque, directement
ou indirectement, reçoit d'une personne ou d'une organisation étrangère
et sous quelque forme que ce soit, des dons, présents, prêts ou autres
avantages, destinés ou employés en tout ou en partie à mener ou à
rémunérer au Maroc une activité ou une propagande de nature à porter
atteinte, à l'intégrité, à la souveraineté ou à l'indépendance du
Royaume, ou à ébranler la fidélité que les citoyens doivent à l'Etat
et aux institutions du peuple marocain "
Ce chef d'inculpation vient s'ajouter à celui " d'espionnage en
faveur du Front Polisario ". Le Comité des Droits de l'Homme de
l'Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique,
s'indigne de la répression exercée à l'encontre de la population sahraouie
par les autorités marocaines, tant au Sahara Occidental que sur le
territoire marocain. Il demande aux organisations de défense des Droits
de l'Homme d'adopter ses trois personnes comme prisonniers d'opinion
et de lancer une campagne afin d'exiger des autorités marocaines,
leur libération immédiate. Il rappelle également que selon les informations
en sa possession, ces trois personnes auraient été enregistrées et
identifiées par la commission d'identification de la MINURSO et reconnues
comme pouvant participer au référendum d'autodétermination sur le
Sahara Occidental.
Aussi, le
Comité des Droits de l'Homme de l'Association des Amis de la RASD
s'adresse solennellement auprès de l'Organisation des Nations Unies,
de l'Organisation de l'Unité Africaine, des Instances Européennes
afin que des mesures soient prises sans délai pour protéger la population
sahraouie, et exiger des autorités marocaines :
- la remise en liberté de tous les prisonniers sahraouis,
- la lumière sur le sort des disparus.
Elisabeth
Muller
contact
sur les droits de l'homme.