Lausanne, le 8 octobre 2000

Le journaliste Joseph TUAL de France 3 est toujours entre les mains de la justice marocaine, privé de son passeport et de son matériel professionnel par le procureur du roi à Errachidia (ex Ksar es Souk- sud marocain à 80 km de Tazmamart). Ci-aprés les faits tels qu'ils m'ont été rapportés ce soir à 22 h 30 par Midhat BOUREQUAT, citoyen français, ex-bagnard de Tazmamart présent sur les lieux. Une partie des marcheurs sur Tazmamart a été hébergée dans la cité universitaire d'Errachidia le 6 octobre, avant la marche ou la rencontre du lendemain (7 octobre) à 16h devant le bagne de Tazmamart. Les marcheurs provenant d'autres villes du Maroc (Meknčs, Rabat, Casa) en cars et véhicules privés ont rejoint le premier groupe dans un village proche de Tazmamart.

Tous ensemble, ils se sont ensuite rendus à Tazmamart. Le bagne était entouré de cordons impressionnants de gendarmes et forces armées qui leur ont intimé l'ordre de rester à 150m du bagne. Des journalistes marocains et étrangers dûment accrédités ont réussi à escalader un mur et à filmer, des marcheurs les ont imité. Entre 800 et 1000 personnes ont pu assister à une cérémonie de commémoration ponctuée de prières et de quelques interventions, en particulier, de la part des dirigeants du Forum Justice et Vérité. Cette cérémonie s'est déroulée dignement et bien entendu avec une trés grande émotion à l'évocation des souffrances atroces subies 18 ans durant et à l'impunité dont continuent de jouir les tortionnaires et les assassins. Les marcheurs devaient ensuite retourner à Errachadia pour un dîner à la cité universitaire et une conférence de presse internationale. A la grande stupéfaction de tous, les forces de sécurité qui entouraient la cité sont intervenues pour arrêter le journaliste Joseph TUAL et ses deux collaborateurs.

Le Forum Justice et Vérité s'est opposé très fermement, empêchant cette arrestation et allant jusqu'à cacher Joseph TUAL. Des négociations sont intervenues longuement entre les dirigeants du Forum, les journaliste présents , le gouverneur (wali, représentant le roi), Lanigri, le commissaire divisionnaire Ces incidents ont empêché la tenue de la conférence de presse et contribué à la démobilisation des gens peu après 24h30. A signaler également que durant cette soirée pour le moins mouvementée, les forces de sécurité ont réussi à voler les affaires du journaliste du Monde, Jean-Pierre TUQUOI, le portable, le sac et l'ordinateur d'une journaliste de RFI (Radio France Internationale). Il semble que c'est un flash passé au 19/20 de FR3 qui a mis le feu aux poudres. La police et la gendarmerie ont eu l'ordre de s'emparer des cassettes et du matériel de Joseph TUAL, sans succès. Aujourd'hui (8 octobre) le juge d'instruction a délivré un mandat d'amener à la police contre Joseph TUAL. Confronté par le procureur à des "témoins" sic! Joseph TUAL a été contraint de faire visionner ses images par le procureur. Insatisfait, ce dernier a ordonné la saisie du passeport et les caméras de Joseph TUAL.

Le journaliste de FR3 est à cette heure entre les mains du procureur d'Errachidia. Il résiste aux pressions scandaleuses exercées sur lui et au harcèlement permanent des autorités marocaines. Manifestez votre solidarité avec Joseph TUAL. Exigez sa libération immédiate en appelant les autorités marocaines et françaises! Appelez les ambassades marocaines de vos pays.

Merci de réagir promptement. Sur place et depuis Rabat, Tuquoi journaliste au Monde et ses confrères de RFI et de l'AFP suivent cette affaire minute après minute; ils témoigneront sans doute dans les prochaines heures.

Cordiales salutations, Ahmed BENANI, politologue et membre des Comités Européens Contre la Répression au Maroc.

contact sur les droits de l'homme.

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