Conclusions du colloque international des juristes sur le Sahara Occidental


Les résolutions fondamentales des Nations unies (1514, 1541, 1542) et sa Charte elle-même, ainsi que les récents développements en Namibie ou au Timor Oriental, montrent l’unique voie à suivre pour la décolonisation du Sahara Occidental.

Cependant au cours de la dernière décennie, l’ONU s’est progressivement écartée du chemin qu’elle avait elle même tracé au moyen du Plan de Paix pour le Sahara Occidental, pour le transformer en un instrument du Ministère de l’Intérieur marocain. Finalement, dans ses trois derniers rapports, le Secrétaire Général des Nations unies, en proposant une troisième voie, celle de l’autonomie, a opéré une volte-face de 180°.

L’existence de prisonniers de conscience sahraouis aux mains du Maroc; le non-respect des libertés d’expression, d’association et de manifestation de la population sahraouie des zones occupées par le Royaume du Maroc; la transformation de fait du Sahara Occidental en un ghetto, sans titre légitime qui avalise l’exercice d’une telle souveraineté sur ce territoire; l’absence d’observateurs internationaux hors la MINURSO; le pillage des richesses naturelles du Sahara Occidental; la recherche d’une troisième voie, sans base légale ni négociations entre les parties en conflit; tous ces aspects doivent être dénoncés. Ils constituent un signal d’alarme pour la communauté internationale.

L’ONU doit rechercher les mesures opportunes et se servir des moyens adéquats, pour faire progresser la résolution de ce conflit, engagé dans une voie sans issue.

Nous Juristes lançons un appel aux diverses instances concernées à l’Union européenne (spécialement à la France et à l’Espagne), à M. James Baker, etc., pour qu’elles se concertent afin de sortir de l’impasse. Il revient aux instances politiques d’assumer la responsabilité de mener à son terme le dernier processus de décolonisation en Afrique.

Afin de formuler des propositions concrètes et conformes au droit, les Juristes solliciteront des rencontres avec l’envoyé personnel M. Baker, le Parlement européen, le Gouvernement et l’Assemblée nationale française, le Gouvernement espagnol et la nouvelle Administration des Etats-Unis d’Amérique.
Enfin, les Juristes prépareront un document-manifeste sur la question du Sahara Occidental, qui sera remis à l’ONU et à l’OUA.

Paris, 28 avril 2001

Collectif d'initiatives pour la connaissance du Sahara Occidental - mai 2001contactez nous !un peu d'aide !l'équipe !